Bye Legault

Le télé journal – 14 Janvier 2025


Jamais je n’aurais cru voir ça

Jamais j’aurais pensé que mon site internet me ferait vivre un tel choc symbolique : la démission du premier ministre du Québec.
Le 14 janvier 2025, François Legault annonce son départ. Les médias s’emballent. Tout le monde en parle. Les analyses fusent.

Mais pendant que la majorité tente de comprendre pourquoi, moi je me pose une autre question : qu’est-ce que cette démission révèle vraiment sur les dix dernières années ?

Une gouvernance centrée sur l’économie… mais pour qui ?

Le discours dominant est clair : François Legault aurait été l’homme de l’économie.
Créer de la richesse. Stimuler la construction. Attirer les investisseurs.

Mais derrière ce mot — économie — il y a une réalité que trop de gens refusent de regarder en face.

Démolir pour reconstruire, oui, ça crée de l’activité.
Mais ça détruit aussi les logements abordablesles quartiers accessiblesla stabilité de la classe moyenne.

On nous a vendu l’idée que tout le monde allait y gagner.
En pratique, beaucoup ont tout perdu.

L’angle mort

On parle souvent d’angle mort en conduite.
En politique, c’est pire.

Pendant que le gouvernement regardait vers les chiffres, il a fermé les yeux sur :

  • l’explosion des loyers,
  • la précarisation des travailleurs,
  • la disparition de l’accès à la propriété,
  • la concentration des projets immobiliers entre les mêmes mains.

Il ne restait plus rien à laisser.
Tout était déjà pris.

Une présence extérieure de plus en plus visible

Pendant longtemps, je me suis posé des questions.
Pourquoi autant de nouveaux projets ?
Pourquoi les mêmes types de compagnies ?
Pourquoi autant d’investisseurs venus d’ailleurs ?

Ce n’est pas une accusation.
C’est un constat.

Quand une société laisse son territoire devenir un actif financier plutôt qu’un lieu de vie, elle perd le contrôle.

Un nouveau parti, un nouveau pion

Je n’ai jamais aimé François Legault.
Pas par idéologie, mais par intuition.

Avec le recul, je crois qu’il a été choisi non pas pour transformer le Québec, mais pour faciliter certaines décisions, sur une longue période, au bénéfice de groupes déjà puissants.

Est-ce qu’il est le cerveau ?
Non.

Est-ce qu’il est responsable ?
En partie, oui.

Une démission qui soulève des questions

Le 13 janvier, je publie un article sur mon site au sujet de Delsan-AIM.
Le 14 janvier, le premier ministre démissionne.

Coïncidence ?
Probablement.

Mais le timing interroge.

D’autant plus que, quelques jours avant, il parlait encore de se représenter.

La crise du logement : une fabrication politique ?

Tout le monde parle de solutions.
Mais personne ne pose la question de fond :

Pourquoi avoir détruit autant de logements existants ?

S’ils n’avaient pas été démolis, ils existeraient encore.
S’ils n’avaient pas été rachetés massivement, ils seraient encore accessibles.

La crise n’est pas tombée du ciel.
Elle est le résultat de décisions.

Réseaux, collusions et opacité

En observant le milieu de la construction, une chose devient évidente :
les mêmes noms reviennent.
Les mêmes dirigeants.
Les mêmes adresses.

Des outils publics permettent de voir ces liens.
Pas besoin d’imaginer quoi que ce soit.

Quand trop de pouvoir et trop d’argent se concentrent, le peuple s’appauvrit.

Le vrai problème

François Legault n’est pas le centre du problème.
Il n’est qu’un élément dans un système beaucoup plus vaste.

Un système où :

  • les décisions politiques profitent à une minorité,
  • la majorité s’endette,
  • et où dénoncer devient dangereux… ou ridicule aux yeux des autres.

Pourquoi j’écris

Je n’ai jamais voulu être journaliste.
Je n’ai jamais voulu enquêter.

Mais quand on te pousse trop longtemps contre un mur, tu finis par regarder autour.

Et quand tu regardes trop bien, tu vois des choses.

Ce site existe pour une raison :
laisser une trace.

Parce que quoi qu’il arrive, l’information ne disparaîtra pas.


Conclusion

La démission d’un premier ministre ne règle rien.
Elle révèle seulement que le système continue sans lui.

Et si on ne commence pas à poser les vraies questions,
ce ne sera pas le dernier pion à tomber —
ce sera le Québec lui-même.