Enquête sur une mécanique invisible
Depuis plusieurs années, Francis observe une présence qu’il peine à expliquer : des individus qu’il appelle des « pions », aperçus selon lui dans la rue, à proximité de son domicile ou lors de ses déplacements. Ce qui n’était au départ qu’un sentiment est devenu un sujet d’enquête personnelle. Son objectif : comprendre ce qui pourrait motiver — ou financer — un tel dispositif.
Une question qui change tout : qui paye ?
Le premier point d’achoppement n’est pas la présence des individus, mais leur logistique. « Personne ne travaille pour rien », résume Francis. Si ces « pions » étaient rémunérés, il faudrait alors imaginer un budget conséquent pour poursuivre un simple citoyen. Une hypothèse qu’il juge aujourd’hui difficilement crédible, mais qui a structuré ses premières réflexions :
qui financerait, et pourquoi ?
Les autorités sceptiques, l’enquête personnelle s’intensifie
Francis affirme avoir présenté ses observations à des policiers. Il évoque des réponses semblant pointer vers un manque de ressources ou l’absence d’intérêt institutionnel. Aucune procédure n’a confirmé ses hypothèses, mais l’absence de validation n’a pas mis fin à ses interrogations.
Au contraire, elle les a déplacées : si ce n’est pas l’État, alors qui ?
Le test du réel : la confrontation
Pour forcer une éventuelle réaction, Francis adopte une stratégie directe : approcher, photographier, interpeller. Il dit avoir voulu tester le pire scénario : celui d’un lien avec le crime organisé.
Dans ce cas, estime-t-il, une escalade aurait été rapide. Rien de tel ne s’est produit. L’absence de violence l’amène à retirer l’hypothèse mafieuse. Mais elle n’apporte pas de réponse.
Un site web qui change la dynamique
Le tournant survient lorsqu’il décide de publier ses réflexions en ligne. Ses textes, consultés par un public qu’il juge attentif, renforcent sa conviction qu’il touche à quelque chose de plus large qu’un simple malentendu.
Il affirme que cette exposition publique a produit des « réactions », sans qu’il ne puisse en identifier la source ou le cadre. Là encore, les éléments sont subjectifs, mais ils alimentent une narration : quelque chose répond.
Le concept du « capitaine »
Au cœur de son schéma apparaît un individu central qu’il nomme « le capitaine ». Dans cette hypothèse, il existerait une forme de hiérarchie informelle, notamment dans le secteur de la construction. Des entrepreneurs seraient incités à « suivre la ligne », sous peine de perdre des contrats.
Dans ce scénario, les « pions » ne seraient ni volontaires ni payés, mais contraints.
Aucune enquête journalistique ou policière ne documente l’existence d’un tel mécanisme. L’idée relève de la construction personnelle de Francis. Mais elle donne un sens aux questions qui l’animent depuis le début :
si ce n’est pas l’argent, c’est peut-être la contrainte.
Un duel à distance
Aujourd’hui, Francis dit avoir terminé son travail d’analyse. Selon lui, toutes les questions qu’il se faisait répéter — « pourquoi toi ? », « c’est qui ? », « pourquoi ? » — ont trouvé leurs réponses, au moins dans son esprit.
Il conclut son récit par une formule qui sonne comme un ultimatum silencieux :
« C’est maintenant au tour du capitaine de décider ce qu’il veut : me rencontrer ou répondre aux questions. »
Francis résume ainsi l’état du match :
Francis 1 — Capitaine 0
